19 mai 2007

L'auto-satire, le remède sociétaire

C'est hier, en regardant un épisode traduit (vilain garçon) des Boondocks, que j'ai réalisé que certains penchants de ma propre vie étaient simplement déplorables:



puis



Vous verrez de qui je parle en le voyant. Personnage mineur mais important pour moi.

Dewey, Dewey... un hippie en vouloir, un garçon qui se rebelle en écrivant des poèmes sentant le renfermé, un beau miroir à certains de mes penchants.

Le problème étant, décrivant des problèmes de société, comment me grandir assez pour avoir une influence? À méditer, à méditer...

***

Tout ça pour dire que la saine satire est probablement le meilleur moyen de revenir sur soi, de s'analyser et de voir en quoi on peut s'améliorer... Le problème est de trouver sa propre satyre... Et c'est là qu'entre le créateur, qui peut être vous, et qui va le créer ce déclic. Si vous vous en sentez capable, d'y aller avec subtilité, de toujours n'attaquer que vos propres mauvais penchants et pas ceux des autres, d'y aller avec force mais humour, vous créerez quelque chose d'important. Vous saurez qu'en société, les uns et les autres se ressemblent plus souvent qu'autrement: en créant quelque chose sur vous, vous rejoindrez plus de personnes que vous ne croyez.

Allez, bonne satire.

03 mai 2007

Petit vidéo-clip

Ça fait un moment que je connais la chanson (par contre, ce n'est probablement pas votre cas), mais je vienx juste d'aller voir le clip sur youtube...

C'est vraiment bon, enjoy!

12 avril 2007

Une réflexion kafkaienne de l'Art

Ich glaube, man sollte überhaupt nur solche Bücher lesen, die einen beißen und stechen. Wenn das Buch, das wir lesen, uns nicht mit einem Faustschlag auf den Schädel weckt, wozu lesen wir dann das Buch? Damit es uns glücklich macht, wie Du schreibst? Mein Gott, glücklich wären wir eben auch, wenn wir keine Bücher hätten, und solche Bücher, die uns glücklich machen, könnten wir zur Not selber schreiben. Wir brauchen aber die Bücher, die auf uns wirken wie ein Unglück, das uns sehr schmerzt, wie der Tod eines, den wir lieber hatten als uns, wie wenn wir in Wälder verstoßen würden, von allen Menschen weg, wie ein Selbstmord, ein Buch muß die Axt sein für das gefrorene Meer in uns. Das glaube ich.

- Franz Kafka

Autrement dit, un livre devrait toujours faire mal, confronter, un coup à la tête, comme la mort tragique d'un être chéri, être souffrance, comme un suicide. Pourquoi prendre la peine de lire sinon?

C'est bien sûr extrêmiste comme façon de penser, mais je crois, un peu comme lui, qu'une oeuvre ne devrait pas ne pas avoir pas de fond, ne pas avoir une véritable réflexion, pas comme certains livres où la seule réflexion qu'on pourrait faire est "Que voulait-il dire?", mais plutôt "En quoi est-ce que cela me correspond-t-il?" "Puis-je et, si oui, comment puis-je m'extirper de tout ça, améliorer les choses?".

L'Artiste a entre ses mains une créature qui rejoindra des milliers, voire des millions de personnes. Cette créature doit être belle, qu'elle reste une oeuvre artistique. Mais le devoir de l'artiste envers la société qui le nourrit est d'méliorer celle-ci. Ainsi, les plus grands Artistes sont ceux qui joignent à un univers et à une forme ficelés une brique du pavée d'une voie vers un monde meilleur.

Enfin, je suis depuis un peu plus d'un an dans une phase quelque peu existentialiste donc il faut me pardonner.

26 mars 2007

Le peuple a parlé

Le peuple a parlé, et même si on a du mal à y croire, ce qui était il y a 4 ans le parti le plus important est maintenant un tiers parti. Celui qui annonçait un pays du Québec est maintenant un tiers parti.

Une étrangeté est l'opposition officielle.

Le gouvernement a perdu sa tête.

Vous savez... j'aurais voulu que Dumont gagne. Cette volonté de changement qu'il demandait, elle aurait été encadrée par les deux autres partis, il aurait dû s'y plier et ne rien faire de trop imbécile dans les changements qu'il préconisait. Ça aurait été pour le bien du Québec. Mais les Libéraux ne proposeront rien ou presque.
Aussi, avec l'ADQ au pouvoir, son... hum... manque d'expérience aurait été pleinement manifeste, pour notre plus grand plaisir.


Enfin...

Toute l'accumulation de stress de ce dernier mois m'est venue à la tête; j'ai une horrible migraine.

J'en ai assez, je veux dormir. Sans m'arrêter. Mais mon souhait ne se réalisera pas.

Bonne nuit.

Mais avant: les Simpsons.

25 mars 2007

, hier j'ai...

entrevu, rien que 3 secondes, rien qu'une coupe de cheveux sous-monté d'un visage inconnu. Juste assez pour que je souvienne, car...

senti mon corps chavirer, mon coeur venir au bout de mes lèvres, mon estmac se retourner pour vomir sur le muscle amoureux et meurtri seulement par le souvenir. Car...

voulu oublier. L'oublier. Oublier son visage, son sourire, sa voix, son parfum. Oublier car cela me serrait le coeur jusqu'à l'implosion, car...

tout retenu, souffert encore une fois de cet affreux sentiment de vide qui semble aspirer mes trippes dans un wormhole parce que je ne me trouverai jamais assez bien pour quelqu'un comme elle alors que j'ai l'horrible impression que je comparerai n'importe quelle relation dans le futur à elle alors que je n'ai jamais réussi, même après y avoir pensé de toutes mes forces pour enfin lui enlever ce visage divinisé, lui trouver un seul défaut.

Car hier, j'ai aimé.

22 mars 2007

L'absurde discours

Il va souffrir s’il fait ça
Peu m’importe.
Il va se tuer s’il fait ça
Peu j’insupporte.

Être supposément responsabilisé,
Dans situations multiversifiées
Pourtant incapable de raison
Ce qui part, une imperfection

Je ne perdrai pas mon temps à aider un incapable
J’ai tellement mieux à faire,
Car je n’ai rien à faire.

-

Je suis mon emploi.
Je suis mon chiffre d’affaire.
Je suis mes meubles.

Si j’en donne aux autres, je perds ce que je suis.

Car je suis un emploi.
Car je suis un chiffre d’affaire.
Car je suis un meuble.

Mais avant tout je ne suis pas un autre

-

S’il crie, s’il pleure, s’il agonise, je ne battrai pas un cil

Fut-il enfant, fut-il père, fut-il roi, agir serait futile

M’horrifie l’ignare, m’horrifie le paresseux, m’horrifie l’inutile, heureux de ce que la mort y fit.

-

C’est smithien de le laisser faire.
C’est nietzschéen.
C’est darwinien.
C’est cartésien.
Intelligent, l’on laisse faire
Ce n’est pas de ma faute, s’il ne comprend pas
Que ce sont les grands penseurs qui l’ont fait pour moi

-

Et de toute façon, il y a tellement plus à plaindre.
Il n’est pas concentré, un travailleur libre, un homme de droit
Moi je l’ai été, le suis, le serai, dans l’éternité

13 mars 2007

Foule sentimentale

Aujourd'hui, subitement me sont venus les mots d'Alain Souchon, peut-être à cause du débat entre les candidats

On a parfois envie de se sortir de tout cela, de s'extraire du matérialisme, de sombrer dans l'idéalisme pour être heureux, tout simplement, voir la vie en rose. On retombera dans le pragmatisme, le terre-à-terre, le désillusionnement, ou, pour résumer, la vérité, bien trop rapidement.

Si vous avez la chanson, mettez-la, sinon allez la chercher d'une façon ou d'une autre... Et laissez-vous emporter, rien qu'un instant, dans le flot d'une foule d'hyppies...

Oh la la la vie en rose
Le rose qu'on nous propose
D'avoir les quantités d'choses
Qui donnent envie d'autre chose
Aïe, on nous fait croire
Que le bonheur c'est d'avoir
De l'avoir plein nos armoires
Dérisions de nous dérisoires car

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

Il se dégage
De ces cartons d'emballage
Des gens lavés, hors d'usage
Et tristes et sans aucun avantage
On nous inflige
Des désirs qui nous affligent
On nous prend faut pas déconner dès qu'on est né
Pour des cons alors qu'on est
Des

Foules sentimentales
Avec soif d'idéal
Attirées par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

On nous Claudia Schieffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire
Et qui ravagea la moukère
Du ciel dévale
Un désir qui nous emballe
Pour demain nos enfants pâles
Un mieux, un rêve, un cheval

Foule sentimentale
On a soif d'idéal
Attirée par les étoiles, les voiles
Que des choses pas commerciales
Foule sentimentale
Il faut voir comme on nous parle
Comme on nous parle

04 mars 2007

El laberinto del fauno

J'ai vu il y a quelques semaines un film au cinéma, son titre original est celui de cet article, celui en français est "Le Labyrinthe de Pan" et celui en anglais "Pan's Labyrinth".

Pourquoi vous en parler seulement maintenant? C'est que je viens tout juste de m'en rendre compte: ce que j'ai vu de ce film, ce que j'y ai admiré (car c'est probablement, en mon sens, un des meilleurs films sortis depuis des années) est ce que j'attendais il y a quelques temps des films de Tim Burton, qui n'a jamais, selon moi, assez osé dans ses productions pour être réellement intéressant comme réalisateur.

Car dans le labyrinthe, on y trouve de tout. Perdus comme une jeune fille, orpheline de père, dans une Espagne franquiste à peine sortie de la guerre civile, parallèlement à D-Day, qui se retrouve avec un beau-père cruel, froid et officier franquiste. Se perdant dans ses contes, la jeune fille veut sortir de ces horreurs, de la maladie de sa mère enceinte, de la réalité qui s'abbat cruellement sur elle à mesure qu'elle voit la cruauté autour d'elle. Son souhait se réalise alors grâce à une créature mythique: un faune, lui disant ce que toute petite fille rêve d'entendre... Jeune fille amatrices de contes de fée devenues grandes, vous devinez de quoi je parle n'est-ce pas?

C'est donc à travers le mix étrange, mais divin, d'horreur et de merveilleux, que je crois avoir vu l'apogée du film "gothique". Pas comme un gentil "Corpse Bride" ou "Nightmare Before Christmas", mais sanguinolant comme peut l'être un film avec une guerre en trame de fond.

Un conte de fées pour treize ans et plus, et pour cause.

Sautez-y, j'ai adoré.

9.5/10

23 février 2007

Hier soir...

Hier soir j'ai choisi de sortir dans un bar, alors que plusieurs personnes que je connaissais vendaient es billets pour y entrer afin de financer un voyage.

Ainsi me suis-je aventuré, en profitant pour me saouler efficacement par un alcool m'appartenant depuis des mois que j'avais emporté en douce au bar, je me suis vite retrouvé grisé par l'éthanol, à délirer comme j'aime parfois le faire: délirer sur tout et n'importe quoi avec des connaissances, marcher comme un zombie à travers les pistes de danse, etc. .

Mais arriva un moment où je me dessaoulai et où les visages amis qui ne répétaient pas inlassablement des pas répétivement répétitifs dans une répétition inlassable (admirez les répétitions lexicales), l'horreur. Et là je me suis retrouvé à côté d'un cube où se trouvaient deux jeunes femmes qui dansaient l'une contre l'autre sensuellement, devant une dizaine de bonshommes qui haletaient comme des chiens devant un morceau de viande. En fait, "like dogs before two bitches", littéralement et figurativement.

Je me suis mis à me dire "Et pourquoi?" Et ma réfleion se complexifia, mais ma réponse se simplifia, se simplifia pour elles, pour qu'elles puissent comprendre.

Je n'ai pas pu résister. Au bout de quelque minutes de dégrisement, où j'acceptais de plus en plus le statut des deux jeunes filles, je me suis soulevé vers l'une d'elle et ai fait ce que j'aurais voulu qu'on me fasse dans cette situation pour que je me rende compte de l'absurde de ce que je faisais: je lui criai "Pute".

Et elle sourit. Et elle l'a dit à l'autre. Et elles ont souri.

Et pour un instant je me suis mis à haïr l'humanité.

04 février 2007

Une marmotte

Dimanche: Un ami me demande un film pour le stimuler. Je lui propose "Groundhog day", avec Bill Murray, où un homme revit sans cesse la même journée et qui, quand on y pense, est une belle métaphore de notre vie.

Jeudi: Ma mère voudrait qu'on regarde un film ensembles. Le jour de la marmotte m'ait tentant.

Vendredi: 2 février, c'est le jour de la marmotte

Dimanche: J'ouvre la télévision en me levant: le film passe.

Dimanche encore: Je surfe sur le net et arrive sur un article d'un critique-internet de films assez connu et devinez de quel film il parle

En plus, vendredi je suis allé voir un film et, en bande annonce, il y avait un film avec Jim Carrey: Le nombre 23, probablement un trailer-navet comme on en voit trop souvent. Tout tourne autour du nombre 23 dans la vie d'un homme après qu'il ait lu un roman sur un homme devenant fou après qu'il ait vu des 23 partout. Né un 14 septembre (14+9=23), habite dans l'appartement numéro 23, rencontré sa femme un autre 23, a 23 je-sais-pas-quoi, etc.

Mesdames et messieurs, je vois des marmottes partout.

29 janvier 2007

L'Art est une boîte

Selon moi, l'Art est une boîte.

Elle est agrémentée par le créateur d'une esthétique particulière. Des gravures à sa surface, des images, des textures, des couleurs etc. s'y retrouvent ainsi, agrémentant l'objet. Parfois, une boîte ne servira qu'à se faire regarder sans rien n'y renfermer.

Il y a de meilleurs ébénistes que d'autres.

Là est la technique.


Elle est remplie par le créateur d'éléments particuliers. Des objets de toute sortes s'y trouvent, des navires, des larmes, des ciels ensoleillés, des coeurs brisés, du sang, des rires, des triangles, etc.. Parfois, il n'y aura qu'une vulgaire boîte de carton pour renfermer des trésors.

Il y a de meilleurs collectionneurs que d'autres.

Là est l'imagination.


Et si l'artiste est soit un assez bon ébéniste ou un assez bon collectionneur, il pourra trafiquer sa boîte pour que soient cacher derrière ses objets, ou mieux encore, dans un double fond. Toute la boîte ne servira alors qu'à dissimuler des sens. Des rébellions, des sermons, de l'espoir, des idées, des moyens, des revendications, etc. s'y retrouvent cachés. Parfois, une vulgaire boîte apparamment vide renfermera, caché tout au fond, un message puissant.

Il y a de meilleurs dissimulateurs que d'autres.

Là est l'astuce.

****

Je sens que j'utiliserai l'analaogie de la boîte dans un futur texte...

21 janvier 2007

Petite pensée.

Je marchais sur une route entourée de champs couverts de neige poudreuse. Un vente soufflait sur la blancheur environnante et lançait des trainées sur l'asphalte grise. À ce moment-là m'est venu une merveilleuse pensée:

Tout cela, c'est comme si Dieu avait échappé son sac de coke sur la Terre.
Mais que tout ce que je pouvais sniffer, c'était ma propre morve.

Constat? Comme ce que j'ai pris qui se rapprochait le plus de la coke, c'est du "Coca-Cola Classic", je dirai que "99 francs" laisse des séquelles. Et que le froid affecte effectivement les facultés cognitives.

À tous ceux susceptibles de lire ceci, je finirai avec cette petite pensée: Toute la dope que vous ne prendrez jamais n'atteindra jamais la grandeur de ce que votre esprit peut sniffer en étant dans la nature.

15 janvier 2007

Un message d'espoir...

Bon visionnement.

Vous savez, je viens de finir 99 francs de Beigbeder, mais cette vidéo arrive à peine à faire contre-poids ce que je viens de lire.

Car je me dis, et je pense ne pas être le seul, que tous ces messages, "Give Peace A Chance" et tout le Flower Power, Live Aid & Live 8, (voyez où ma culture s'arrête: rien que de la musique...) (ouh, mais soubre-saut de culture:), les messages des Papes et Dalaï-Lama, Martin Luther King, etc., n'ont pas vraiment réussi ce à quoi ils aspiraient: Paix, Amour et tout ce qui va avec... Enfin...

En conclusion, un bon message, mais... rien de bien significatif. Dommage, parce que c'est bien touchant.

De toute façon, vous comme moi l'oublierons dans moins d'une semaine... Soubre-sauts de mémoire, parfois, mais rapidement chassés. Un peu comme mon périple à un certain forum... Enfin...

Pourquoi ai-je fini mes deux paragraphes par un "Enfin..."? Je crois que je suis lasse... Mais non, n'ayez pas peur: se rendre compte de sa lassitude pousse à se révolter contre celle-ci.

07 janvier 2007

La marche dans le désert,

Un Désert vivant, un vide plein, un ennui nomade, un grain de sable savoureux.

L'homme avance et goutte le sable du bout des doigts. Le sable d'une plage, il le voudrait, mais l'Oasis n'y est pas. Il s'attarde puis continue son avancée, plonge à nouveau ses mains dans le sable et en extirpe des millions de grains qu'il glisse doucement dans son oesophage et le long de sa gorge. Du vin, du poulet, du chocolat... Il les imagine et les aime.

Il garde les yeux baissés, apperçoit parfois des formes familières dans les chemins qu'a pris le sable sous le vent, plonge vers elle en les défaisant. Et il répète toujours, n'arrivant pas à se contenter de regarder sans détruire.

Il voudrait que tout soit là. Il les sait de l'autre côté, il les sait au boût de la traversée, mais il préfère s'attarder sur ses mirages imaginaires.

Si seulement il levait les yeux.

Si seulement il voyait qu'il fait partie de la Caravane. Mais aucun ne lève les yeux, aucun ne se rend compte de ce qu'il y a autour d'eux.

Un Désert vivant, un vide plein, un ennui nomade, un grain de sable savoureux.

Tous seuls ensembles.

02 janvier 2007

Sic Transit Gloria Mundi

La dernière que j'y étais entré, après une nuit mouvementée, je m'étais dit que je devrais voir cet endroit d'une autre façon, voir ce qui s'y cachait de bon, oublier ce qui s'y cache de mauvais et enfin y passer un bon moment.

Mais rien n'avait changé.

Je passai entre les tables supportant êtres déchéants et sources de leurs déchéances, ne m'attardant pas à chaque être qui s'empilaient et se dissolvaient dans ma mémoire le temps d'un battement de mon coeur fatigué.

Nouveau management, je ne l'aime pas. Je n'aimais pas l'ancien. Je n'aimais pas le précédent. Je ne sais pas si j'aimerai le prochain, mais je le ferai arriver le plus vite possible. J'ai toujours fait tout ce que je pouvais pour qu'il y ait un roulement dans l'administration de l'endroit, pensant à chaque fois que le prochain serait le bon.

Je m'assois en commandant un Bloody Mary puis le bois. Aigre-doux, c'est agréable. C'est que ce liquide coule qui permettait à l'endroit de se maintenir en place. On l'aurait empêcher de se verser et c'est tout ceux qui venaient dans ce lieu qui se seraient repliés sur eux-mêmes et se seraient éteints, privés du goût de liberté que le brevage offrait.

Après de multiples tentatives, je me suis finalement rendu compte de l'inutilité de vouloir changer ceux qui s'occupaient de l'endroit. Mais je continuais, encore et toujours, dans un automatisme bien géré, de tout faire pour changer le management, pour que, peut-être, un jour, un bon management se mette en place.

Je voyais quelques être souriants, semblant apprécier l'endroit, se parlant vivement entre eux, joyeux. D'autres, pitoyables, tentaient de se faufiler dans le cercle, jouaient du coude, mais la clique était tenace et les repoussaient efficacement. Dire que ces piteux auraient pu se parler entre eux.

Bien sûr, à force de faire changer le management, les clients réguliers commencèrent à me voir comme l'aspirant, le prochain manager. Normal après tout puisque j'avais moi-même mis chaque manager à cette place avant de le faire remplacer par un autre. Mais le pouvoir sur cette petite chose n'était pas mon but; je voulais simplement me sentir bien dans ce bar.

Mais je ne me sentais toujours pas bien, même lorsqu'une jeune femme, ses yeux comme une forêt vierge et ses cheveux comme un feu qui la ravage, s'approcha de moi, ses yeux brillant semblant pouvoir éclairer le cimetière assis devant elle. Intéressée par l'être défait que j'étais, maintenant étonné par l'apparent intérêt que la créature lui portait.

Il y eut une conversation. Sûrement banale, je ne sais plus. Nous sortons. Je la serre contre moi, m'enfouis dans ses flammes, l'étreins tendrement. Elle se laisse faire. Nous allons dans un coin tranquille; peut-être chez elle, peut-être chez moi, dans une voiture, dans une ruelle, je n'en sais rien. Et là. Oui, je me perds. Dans ses yeux, dans ses lèvres, dans ses jambes, dans ses bras, dans son sexe...

Et j'ai oublié. Et j'étais bien.

C'est pour ça que je ne me suis pas rendu compte de ma fin, à ce moment-là. Trop rapide pour que je ne puisse l'oublier.

Et j'ai tout oublié. Et je suis bien.